| Entretien
avec Marylise Lebranchu, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice |
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On parle de Garde des Sceaux, de ministre de la justice, mais on ne sait pas toujours qui sont ces personnages. Alors, qui êtes-vous Madame la Ministre? La Garde des Sceaux et la ministre de la justice ne font qu’une seule et même personne. Il m’appartient en cette qualité d’appliquer la politique définie par le gouvernement pour la justice. J’interviens dans différents domaines. Par exemple, avec l’appui des services compétents, je rédige des circulaires à l’attention des juridictions, pour une application cohérente et uniforme de la justice pénale et civile sur l’ensemble du territoire français. Mon action ne se limite pas à définir les orientations de la politique en matière de justice, c’est aussi assurer l’application des condamnations pénales avec le personnel pénitentiaire. En effet, on l’oublie souvent mais le fonctionnement des prisons et la vie en milieu carcéral dépendent du ministère de la justice. En revanche, pour répondre à la délinquance des mineurs, je travaille en lien très étroit avec la direction de la protection judiciaire de la jeunesse. J’initie également des actions pour faciliter l’accès au droit et à la justice et instaurer une justice de proximité. Vous rencontrez des magistrats, des surveillants… Comment concevez-vous votre action avec des interlocuteurs aux intérêts différents? Pour moi, mener à bien une politique, c’est d’abord et avant tout écouter, dialoguer avec les gens du terrain. Voir et comprendre ceux qui rendent la justice ou qui l’appliquent. Dans le cadre de la loi pénitentiaire, j’ai constitué un comité d’orientation stratégique qui réunissait des professionnels intervenants à différents titres sur la prison, des directeurs de maisons d’arrêts ou de centrales, des surveillants, des personnels de la santé, des magistrats mais également des représentants des associations partenaires de l’administration pénitentiaire. J’ai souhaité un véritable dialogue pour un projet de loi qui réponde aux attentes et aux besoins des surveillants et de leur hiérarchie. D’ailleurs quelques mois auparavant, j’avais invité les directeurs régionaux des services pénitentiaires à organiser des consultations dans chaque établissement pour que les personnels puissent s’exprimer. Il était important que ceux qui vivent au quotidien la prison participent à l’élaboration de ce projet de loi. C’est la même démarche que j’ai adopté avec les entretiens de Vendôme, mais cette fois-ci avec pour interlocuteur les magistrats et les fonctionnaires du monde judiciaire. Je souhaitais un lieu de réflexion sur le système judiciaire dans un souci d’amélioration du fonctionnement des juridictions avec la recherche d’une meilleure qualité du service offert aux citoyens. Ma méthode reste donc la même : ouverte et participative. |
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